L'enfant dormait.
Sous ses petits yeux se reposait le monde, et son visage laissait courir les fragilités de l'enfance.
Parfois, lorsque peut-être les plaisirs nébuleux d'un rêve ou d'une idée se proposaient, ses lèvres dessinaient l'innocence d'un sourire. Son corps endormi – toujours trop maigre chez les enfants – faisait danser dans l'ombre des démons de laines brunes.
Comme derrière une vitre, je restais là à te regarder dormir, paisible, tandis qu'autour frissonnait l'hiver naissant. De temps à autres, quelqu'un passait, s'agenouillait un instant puis repartait, sans jamais t'avoir parlé, sans jamais t'avoir connu, délivrant l'aumône d'une âme dans un verre de faïence.
Sûrement, l'hiver prenait son droit, imposant son encre blanche au monde ralenti, et lorsque je revins te voir traînait sur ton trône une trace brûlante que je vis lentement s'effacer. Sur tes lèvres bleues se posait le dernier flocon de l'hiver.
Dors maintenant, petit être maudit, réchauffe tes membres roides aux neiges éternelles du Paradis. L'aumône est prise, l'Enfer fini.
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