Comptines

Ce matin, le mur du fond a gribouillé sur mon visage. Alors que je lui explique que la peinture me chauffe les joues, l'effronté se met à rire et à chanter, comme le font parfois les enfants que l'on chamaille.

Me vint l'idée de m'asseoir pour le contempler. Voici ce que j'y vois :

Les parties de mon mur ne se distinguent pas au premier coup d’œil. Ce sont d'abord les enfants qui m'ont poussé à les voir par moi-même. Tandis que j'étais assis là à le regarder, ils s'étaient approchés de moi avec un crayon.

''Le mur est triste, me dit alors l'un des leurs avec une empathie que je ne connaissais pas, dessine-lui un sourire.''

Hier soir, j'ai gribouillé sur le mur du fond. L'enfant aux yeux de plume qui m'avait tendu le crayon a pleuré, un peu, puis s'est assis à côté de moi pour le contempler. Le mur ne chantait plus, et je crois que, comme lui, nous nous sommes endormis.

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