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Valses d'automne

Je me souviens d'un soir d'automne où nous dansions sous des tentes maladroites.

Sur l’air du vin chantaient les hommes, ivres de vie et de l'amour d'un soir. Les tables vacillantes formaient des pistes où les enfants se perdaient en rêves confus.

Autour de nous vibrait l'air, comme une esquisse pluvieuse. Et nous dansions, ma chère, nous dansions au pas du vent sombre qui courait ce soir-là, au bord de la Vilaine. Vous étiez belle à en colorer les jupes blanches ; celles des fillettes aux grands yeux ébahis.

Tout serré contre vous, bercé par quelque mot que vous murmuriez, je sentais vos lèvres déposer des baisers. Comme une promesse d'éternel tournaient les valses d'un temps passé, qu'un piano faisaient tressaillir. Mais la brume, ma belle, cet écran, m'a fait oublier ce temps léger d'où s'échappent encore quelques images.

Vos soupirs, eux, à jamais me reviennent ; un instant, comme une ombre, je vous aimais.

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