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Soir d'été
Les volets au dehors découpent la lumière. On imbrique des cubes pour former une vie, parfois sans se rendre compte que les mots n'en ont plus. Peut-être un soir, les poussières de la chambre se reposeront quelque part ; pour le moment la lumière les frappe de sa raison. L'obscur m'étouffe, je reprends mon absence.…
Une espagnole
J’étais assis, calme. Derrière moi s'agitait une espagnole, pauvre sûrement. Je ne le saurais jamais. Quelques hommes étaient autour à la regarder danser. Dans la pénombre de la chambre, personne ne pouvait les remarquer. Ils restaient là le jour, la nuit, offraient le reste de leur temps à cette danseuse. Je savais qu'elle viendrait me…
Reflets parisiens
Paris s'endort au rythme de la nuit. Les lourdes paupières du monde se ferment sur la Ville. Les rues déballent leurs langues de pierre que foulent chaque jour nos esprits alanguis. Soudain, Paris s'allume, danse, crie le plaisir des amoureux à se revoir, l'aubaine commerçante des charpentiers affamés, réclame aux étoiles leurs lumières constellées. Le…
Paysages
Il y avait un monde là-bas, auquel nous rêvions parfois sans vraiment se l'avouer. ''C'est un paysage'' disait-on. ''Un paysage sans nom et qui n'appartient à personne''. Et chacun y admirait sans vraiment les comprendre des symboles mystérieux que notre esprit vagabond laissait souvent sans réponse. Quelque chose de ces vastes espaces me laissait silencieux.…
L'exalté
Je suis de ceux qui parlent à toute forme, à tout bruissement, à tout instant. J’ai la mémoire des jours et le souvenir des nuits de printemps ; ceux que l’on essaye de retenir du bout des yeux, pour quelques instants toujours ; ceux des baisers volés aux jupes de femmes, qu’elles rendent follement aux amants noctambules.…
Le parfum
Un parfum éphémère me replonge dans un passé endormi. Je revois indistinctement une nuque dénudée où des cheveux épars ne vont plus, délogés d'un revers de main. Je revis les tendres caresses sur mon visage mordu par les passions des amours, envenimées par les regards, plongeant alors mon esprit dans la plus douloureuse des libérations.…